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Récit d'une personne atteinte de Fibromyalgie
| Auteur |
Titre : Récit d'une personne atteinte de Fibromyalgie | | 2008-04-12 09:33:58 |
    | Tris Administrateur du forum

Sexe : Homme
Status : connectedConfig :
Rang : 10
Envois :3836
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- J'ai 51 ans, je travaille en tant que secrétaire, je suis mariée, j'ai deux grands enfants (fille: 23 ans - garçon: 18 ans).
- Mon enfance, mal traitée, climat perpétuel de violence, de désamour. Très jeune, j'ai eu une période où j'ai beaucoup souffert de très fortes douleurs dans les jambes, on me disait que c'était la croissance qui me faisait cela. Toute mon enfance je l'ai mal vécue, douleurs de ne pas être aimée, d'être rejetée. Douleurs physiques, faible (peut-être était-ce du au manque d'amour?). Perte brutale d'une soeur. Nous étions 8 enfants, famille nombreuse, mais pas heureuse. Nous sommes tous déchirés, nous, ne nous voyons plus, c'est comme si je n'avais pas de famille, ce mot d'ailleurs me fait peur, me dérange. Adolescente, ce fut la descente aux enfers, tentatives de suicides pour essayer de fuir cette peine, cette cassure en moi.
- Adulte, je me suis toujours sentie faible, avec des périodes où j'allais plus mal, sans force, à bout, je n'en comprenais pas la raison, alors que tout le monde avait l'air d'être différent de moi, j'en ressentais une sorte de honte, de gêne, comme si j'étais une personne plaintive, qui ne savait faire que cela, se plaindre, alors, parfois, on se tait en ayant des doutes sur soi-même. Adulte mariée, une période de vie conjugale très dure à vivre, à subir. Aujourd'hui, on peut dire, que cela va mieux.
Avec mon mari, nous avons commencé, il y a quelques mois, une thérapie de couple avec un psychiatre. Parallèlement, je vois même un autre psychiatre pour moi seule.
Il y a 7 ans, j'allais très, très mal. J'avais l'impression de mourrir tout doucement, non prise au sérieux par les médecins, jusqu'à qu'ils s'aperçoivent que j'avais vraiment un problème: plusieurs fibromes à l'utérus qui ont triplés en 6 mois, et que j'étais en anémie. Là, on m'a opérée très vite en retirant complètement l'utérus, étant très faible ce fut un peu de remonter la pente. Je pensais qu'après cela, tout rentrerait dans l'ordre, ce ne fut pas pas le cas. Une autre opération très douloureuse s'ensuivit 2 ans après. Et 2 ans après, encore une autre, là, ce fut le retrait total de la thyroïde (elle avait plusieurs nodules douteux, mais non encore cancéreux d'après les médecins!). Et pendant ces 7 dernières années la situation n'a pas évolué dans le bon sens. Toujours de plus en plus faible, avec des douleurs de plus en plus fréquentes et tenances à tellement d'endroits. Il y a un an, suite à toutes une série diverses d'examens, un rhumatologue m'a dit : arthrose, 1 disque vert. usé, 2 autres déformés par l'arthrose, des aiguilles aux 2 pieds, des tendinites, inflammations musculaires diverses. 6 dents arrachées en 5 ans suite à diverses inflammations subites, la vue, l'ouie . En final, vous faites de la fribromyalgie, vous devez voir un psy et faire de la kiné. J'ai suivi ces conseils, mais malgré la kiné, et ma quète auprès du psy, mais douleurs suivent leur cours et évoluent en intensité. Maintenant, depuis quelques jours c'est les mains qui se dégradent, le médecin me dit canal carpien? (Encore une maladie dont-on ne sait pas encore la réelle cause!) Je ne connaissais pas ça non plus, et je re-commence à entendre parler de possibilités d'interventions si évolution constante? Je me dis: pitié! pas encore la table d'opération, au secours!! Alors, je cherche, j'essaie de comprendre. Psychisme ou corps responsable de tout cela? Je ne sais pas, je ne sais plus trop où j'en suis, mais, j'ai un soif de savoir ce qui m'anime, je voudrais tant comprendre, que ça s'arrête. J'ai essayé d'entretenir une activité physique régulière à mon corps, mais maintenant, après ces luttes, je n'en ai plus l'énergie, la force, et c'est vrai, je voudrais, mais.... Quel est le but de tout cela, les docteurs essaient de me faire croire que ce n'est du qu'à l'âge, sans tenir compte et prendre au sérieux ce que je ressentais avant. Je sens bien, qu'ils aiment bien mettre cela sur le compte du psychisme (pourquoi pas, après tout?), mais une partie de moi sent bien aussi que même si cela est vrai, que ça les arrange bien de simplifier ainsi. ça les débarasse du "cadeau empoisonné" comme on dit. Comme la plupart d'entre vous, les médicaments me soulagent un peu, ne suffisent pas. Les rares fois où ils m'est arrivé d'en oublier sans m'en rendre compte, dans les 24 heures suivantes mon corps ne se gênait pas de me le rappeller à mes dépens.
Ai-je le moral ? Oui, je crois par moments, je dis, je crois, car après qq moments, c'est la descente, la chute du moral à l'improviste, et je ne sais pas toujours pourquoi? Et puis, ça passe. Donc, j'avoue que je ne sais plus quoi penser: psychisme ou corps, je ne simplifirais pas comme certains médecins aiment tant le faire. Pour moi, je pense que les deux sont liés étroitement, mais dans quelles mesures, dans quels sens, à quelles proportions ? Et pour quelles raisons ? Ah! si un médecin pouvait enfin apporter une réponse précise à ce sujet, cela aiderait certainement beaucoup de monde. Malheureusement, où est-il ???
Amicalement à tous, et merci de m'avoir lu, ça m'a fait un peu de bien d'exprimer ce que je ressens, ce qui est en moi.
C.
--Message édité par le 12-04-08 à 09:35:02-- ---------------------- Tris |
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